"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

lundi 3 mai 2010


UN PREMIER MAI « prolétarien » DONT PERSONNE NE S’EST APERCU !


Chaque année, depuis 50 ans, le reliquat PCI (bordiguien) publie, et nous a envoyé à la boite aux lettres attendues, le même tract : « Pour un premier mai prolétarien et communiste ! ». Cela ne peut pas vous faire plus d’effet que si ce quarteron de généreux invariables avaient titré « pour un premier janvier prolétarien et communiste ! ». Le 1er mai a été un glorieux symbole de la lutte des prolétaires dans tous les pays, il serait temps de cesser de ridiculiser cette journée commémorative, qui se résume aux petits profits de milliers de pékins vendant le muguet aux carrefours, et aux côtés du ridicule chevalier Bertrand de Thibault du déclin syndical. Je ne dénigrerai point le généreux appel répétitif à l’union des prolétaires toutes catégories confondues, ni la vanité bourgeoise de nous baiser avec sa lyre « collaboration des classes », mais franchement, pourquoi gâcher du papier et des timbres pour nous proposer l’incrédible « leçon du marxisme » comique et conique : « la nécessité du parti de classe pour diriger le combat du prolétariat selon le programme communiste révolutionnaire et en défendant l’invariance du marxisme, c'est-à-dire en définitive l’invariance du but final ». Le parti de classe çà n’a pas marché, le programme communiste est très vague et l’invariance du marxisme du pipo ! Plus grave, camarades bordiguiens, vous demandez aux prolétaires en quelque sorte de recréer des syndicats (« moyens classistes pour la défense exclusive de leurs intérêt immédiats de classe ») mais cela on s’en fiche vu la nullité dans laquelle tombent automatiquement toutes les luttes corporatives. Et quel mépris (ce genre d’organisme « immédiat » plutôt du genre impulsif ne sera jamais pour vous que la courroie de transmission du vélo parti ); sans compter que les revendications immédiates que vous listez sont franchement nunuches et feraient rire tout ouvrier un peu intelligent qui vous lirait. Enfin, rêver d’un Premier mai redevenant cette litanie ronflante stalinienne et anar, c’est nous faire bailler aux corneilles. Please, chers camarades bordiguiens, ne m’envoyez plus ce tract stéréotype, puisque c’est le même depuis un demi-siècle. Et vous économiserez un timbre, ce qui est magistral pour un parti de trois pelés (les dirigeants) et deux tondus (les cotisants).
PS : Un lecteur de PU retraité pauvre m’envoie régulièrement de toute façon vos publications. C’est assez consternant de répétitivité. Innovez bon dieu ! Faites marcher votre cervelle ! N’embouteillez pas les jeunes consciences en recherche d’une théorie vivante pour détruire le capitalisme avec des brouets soréliens comme votre brochure « Les fondements du communisme révolutionnaire », qui montre, ce que j’ai compris depuis longtemps, que Bordiga n’était qu’un disciple de Sorel, reprenant sa théorie du mythe de la violence purificatrice. De toute façon, le milieu dit ultra-gauche, que j’ai essayé de ranimer sous les termes de maximalisme, est mort pour le prolétariat. En plus, comme me l’écrit un très jeune lecteur de Belgique, les vieux machins du CCI au PCI et dérivés ne sont que de vieux barbons de l’éduque naze, parfaitement décrits par ce jeune prolétaire, et dont le ridicule est visible à l’œil nu même s’ils se mettent une plume « communiste » au cul : «Attitude sentencieuse et ton péremptoire de certains militants assez bien protégés des difficiles et quotidiennes réalités du capitalisme, vis-à-vis du reste de la classe salariée (la majorité) qui, elle, les vit ».
La révolution, qui n'est pas inéluctable vu l'état de décomposition avancée du monde et l'incapacité prolongée de la classe ouvrière à sortir de ses petits intérêts de boutiques, ne sera pas plus "avancée" non plus avec les sanctions économiques et la paupérisation imposée aux pays "en faillite" comme la Grèce, et tous les pays finalement (les Etats Unis, avec leur endettement faramineux ne sont-ils pas la zone la plus faillitaire? l'hôpital qui s emoque de la charité?), si une réflexion politique ne se développe pas dans les masses de prolétaires (pas chez les profs ultra-gauches et les cheffaillons syndicaux gauchistes), et en faveur, non de machins d'entreprises, mais de partis politiques révolutionnaires.

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