"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

dimanche 13 août 2017

LA GUERRE MONDIALE N'AURA PAS (ENCORE) LIEU


« J'ai acquis la conviction que si, sur ce terrain (les rapports entre la guerre et la révolution), il se produisit une foule de malentendus, c'est précisément parce qu'en analysant cette question nous parlons bien souvent deux langages absolument différents ». Lénine (O.C., tome 24)


Le terrorisme islamique avait les yeux bridés

Un histrion a prévu la nouvelle guerre mondiale pour le second semestre 20171. Pourquoi pas ? J'ai déjà postulé la possibilité de graves événements avant la fin de cette année, et déploré l'absence de prises de positions des minorités ou individus qui se prétendent « groupes »2 révolutionnaires accrochés derrière leur clavier et leurs certitudes messianiques mitées. Tant d'éléments récents au niveau des tensions internationales tendent à accréditer la genèse d'une nouvelle boucherie universelle : les biceps exhibés par Trump comme par le petit rigolo télégraphiste de Pékin Kim Jong la banane, le curieux effacement de daesch ; et s'agit-il d'une simple réorientation de l'impérialisme américain vers la mer de Chine ? Avant d'examiner les bobards des uns et des marginaux des autres, puis la stupidité de la thèse du CCI (la guerre mondiale n'a pas lieu depuis 50 ans parce que le prolétariat l'empêche), il faut rappeler que les dirigeants capitalistes ne cherchent pas la guerre comme telle mais qu'ils y sont contraints par leur système, et qu'ils savent y déléguer leurs fous d'estrade.

LA CRISE ECONOMIQUE ET LE BASHING DE TRUMP


On oublie qu'on est à la fin d'un cycle, ce cycle de dix ans où le capitalisme était présumé se refaire une bonne santé depuis la crise des subprimes en 2007. Le 15 septembre 2008, la banque américaine Lehman Brothers s’était effondrée, mettant l’économie mondiale à genoux. Ce fût le début de la plus grave crise financière depuis 1929 ; les prémisses de la débâcle étaient apparus en en plein été un an plus tôt. Les capitaux « toxiques » n'ont pas disparu. Après avoir justifié tout ce temps écoulé les guerres ininterrompues en Moyen Orient et les attentats kamikazes par l'hydre daech voici tout à coup, après évaporation successive de Ben Laden et de l' EL, que le véritable ennemi du « libéralisme » à tous crins se révèlerait : la sinistre dictature « communiste » de l'ignoble dictateur Kim Jong avec sa perruque de rigolo ! Puis, comme l'ensemble de la presse aux ordres ne peut mentir totalement, le principal marionnettiste de la Corée : la Chine, qui commerce tranquillement et tient à bout de bras l'incarnation du nouvel axe du mal, assurément exhibée comme autrement plus dangereuse que les « armes de destruction massive » de feu Saddam Hussein. Pourtant, cette même presse bourgeoise, dans ses versions plus spécialisées laisse filtrer que la Chine, pas la minuscule Corée, suscite de plus en plus d'inquiétude car les banques y recourent à des montages de titrisations complexes pour se délester d'actifs toxiques. Une trentaine d'entre elles totaliseraient 2.000 milliards de dollars de ce type de créance... un montant multiplié par six en quatre ans : «  Autre interrogation : la flambée de la dette chinoise, surtout privée, consécutive à la forte hausse des prix de l'immobilier. Pour l'instant, Pékin maîtrise adroitement ce qui ressemble à une double bulle. Jusqu'à quand ? »3.

Le danger d'un nouvel ébranlement, beaucoup plus grave qu'en 2007 n'a pas échappé aux trotskiens réformistes radicaux NPA :
« Du côté des économies « émergentes », celles qui dépendent de leurs exportations de matières premières (la Russie, le Brésil, etc.) sont déstabilisées par la chute des prix et payent une spécialisation qui est le contraire d’une modernisation. De façon générale nombre de pays latino-américains, mais aussi un pays comme la Turquie, sont d’ailleurs d’une fragilité extrême face au risque, très crédible, de fuites massives des capitaux si les taux d’intérêt américains remontaient. Quant à la Chine, une gigantesque bulle bancaire et immobilière s’est formée, dont l’explosion, si elle avait lieu, aurait des conséquences catastrophiques sur la deuxième économie mondiale. Cette potentielle crise chinoise est en fait une crise de surproduction, pour l’instant masquée, esquivée ou peut-être seulement reportée, par cette bulle de l’endettement. Ainsi, les surcapacités chinoises en production d’acier sont aujourd’hui l’équivalent de toute cette production en Europe. Une nouvelle crise financière mondiale pourrait venir d’un krach dans l’un de ces pôles de l’économie mondiale, tout comme en 2008. Ce n’est pas une prédiction, mais une crainte exprimée par tous les faiseurs de rapports du FMI, des banques centrales et des banques tout court ».

Malgré une aussi lucide analyse, les théoriciens préférés de nos anciens tiers-mondistes recyclés antiracistes et féministes patentés, nous refont le coup de la II e Internationale pour soit disant parer à la guerre, avec des réformes « radicalement ridicules » qui auraient fait rougir (de honte)
même un Kautsky :

« ...C’est le fil rouge qu’on peut discerner dans les trois interventions qui suivent dans ce dossier. La crise actuelle a des causes profondes, durables, systémiques. C’est ce qui fait dire à François Chesnais que le capitalisme se heurte aujourd’hui à des « limites infranchissables », à Michel Husson que nous sommes dans une « stagnation séculaire » et qu’on ne peut imaginer pour l’instant de sortie « progressiste » à cette crise dans le cadre du capitalisme.  C’est un constat qui impose forcément de relever le drapeau de l’anticapitalisme. En visant par exemple la réquisition et la socialisation de tout le système financier, et en cherchant à relier (et c’est ô combien difficile) des mobilisations populaires sur des mesures d’urgence sociale à un programme anticapitaliste capable de changer toute la marche de l’économie. Sinon ceux qui dénoncent parfois avec virulence et éloquence les ravages du capitalisme risquent juste de rester des « couteaux sans lames » (pour citer Mélenchon sur les frondeurs du PS), ou des chiens qui aboient mais ne mordent pas »... Ha Ha Ha !

L'anticapitalisme a autant de chance d'empêcher la guerre que la résolution de Bâle du 24 novembre 19124. Si la guerre est possible, elle aura lieu, si la guerre est nécessaire les édiles et militants bourgeois militeront sans vergogne pour qu'elle éclate. Un élément de langage est très inquiétant comme on l'a constaté tout au long de l'histoire de la lutte des classes moderne : quand tous les médias et édiles bourgeois s'arrogent d'empêcher la guerre et de vanter les vertus de la paix, c'est que la guerre n'est pas bien loin. Le Trump bashing va dans le même sens.

Voici donc Trump décrié partout comme un fou équivalent au petit rigolo de Corée à la moumoute en forme de képi de trouffion. Trump aurait tétanisé ses plus proches conseillers en menaçant du pire Kim Jong, nouveau Tamerlan, Gengis Khan, et qui se prend pour Attila5 ; sans compter qu'il a remis le couvert pour Maduro, le pâle successeur du dictateur stalinien Chavez tant admiré par Besancenot, et que les trotskiens nationaux ont tant de mal à défendre. Plus drôle le 1er août, le plumitif Thierry Meyssan - qui se pique d'être un habile décrypteur des fables de la politicaillerie internationale - se plante sur toute la ligne belliciste – si je puis dire – appliquée par Trump. Trump serait mis en difficulté :

« La classe dirigeante états-unienne s’estime menacée par les changements internationaux impulsés par le président Trump. Elle vient de se coaliser pour le placer sous la tutelle du Congrès. Dans une loi votée à la quasi-unanimité, elle a instauré des sanctions contre la Corée du Nord, l’Iran et la Russie et a cassé les investissements de l’Union européenne et de la Chine. Il s’agit pour elle de stopper la politique de coopération et de développement du président et de revenir à la doctrine Wolfowitz de confrontation et de suzeraineté.
C’est un scandale sans précédent. Le secrétaire général de la Maison-Blanche, Reince Priebus, faisait partie du complot chargé de déstabiliser le président Trump et de préparer sa destitution. Il alimentait les fuites quotidiennes qui perturbent la vie politique états-unienne, notamment celles sur la prétendue collusion entre l’équipe Trump et le Kremlin. En le renvoyant, le président Trump est entré en conflit avec l’establishment du Parti républicain, dont Priebus est l’ancien président ».


Le Trump diabolisé par cette maigriche de Meyssan, qualifié d'outsider de l'Amérique profonde, a-t-il vraiment été mis en difficulté du fait de son isolationnisme revendiqué et aurait-il abdiqué son rôle de gendarme du monde ? En restant bienveillant face à la méchante perruque coréenne ? Meyssan n'a pas peur du ridicule :
« La réorganisation de l’équipe Trump qui s’en est suivie s’est faite exclusivement au détriment de personnalités républicaines et au profit des militaires opposés à la tutelle de l’État profond. L’alliance qui avait été conclue contre mauvaise fortune bon cœur par le Parti républicain avec Donald Trump lors de la convention d’investiture, le 21 juillet 2016, est morte. On se retrouve donc avec l’équation de départ : d’un côté le président outsider de « l’Amérique profonde », de l’autre, toute la classe dirigeante de Washington soutenue par l’État profond (c’est-à-dire par la partie de l’administration chargée de la continuité de l’État au delà des alternances politiques). À l’évidence cette coalition est soutenue par le Royaume-Uni et Israël. Ce qui devait arriver arriva : les leaders démocrates et républicains se sont entendus pour contrecarrer la politique étrangère du président Trump et préserver leurs avantages impériaux. Pour ce faire, ils ont adopté au Congrès une loi de 70 pages instaurant officiellement des sanctions contre la Corée du Nord, contre l’Iran et contre la Russie . Ce texte impose unilatéralement à tous les autres États du monde de respecter ces interdictions commerciales. Ces sanctions s’appliquent donc tout autant à l’Union européenne et à la Chine qu’aux États officiellement ciblés.Les partis politiques US entendent casser la « doctrine Trump » selon laquelle les États-Unis doivent se développer plus vite que les autres pour conserver le leadership mondial. Ils entendent au contraire rétablir la « doctrine Wolfowitz » de 1992, selon laquelle Washington doit conserver son avance sur le reste du monde en ralentissant le développement de tout compétiteur potentiel » .
Meyssan sait bien pourtant que depuis 2001 il y a une grande bagarre entre les deux fractions opposées de la bourgeoisie US (pétrole contre finance) mais il ne lui vient pas à;l'esprit de noter que les changements à la tête de l'Etat US ne s'opposent pas aux desideratas impériaux des deux factions de la bourgeoisie américaine, et que la nomination de « faucons » militaires aurait plutôt tendance à signifier une unification de la bourgeoisie américaine dans le même intérêt belliciste, que la menace reste fictive ou sérieusement posée comme le font tous les faucons depuis un certain septembre 2001 ; que deux mandats du gentil Obama auront servi à remettre en selle un Etat plus volontiers belliciste, et sans gêne avec la théorie du fou. « L'imprévisible » Mister Trump, qui avait promis durant sa campagne la non-intervention, serait ainsi le premier politicien bourgeois à ne pas tenir parole et à être « fou » ? Contrairement au bashing de Trump, il n'y a rien d'imprévisible dans son comportement. Son comportement sert même de justificatif pervers au capitalisme dominant : c'est un « irresponsable histrion » qui voudrait cette folie... la guerre nucléaire ! Mais c'est toujours ainsi que le Capital a caché ses visées létales hégémoniques : le méchant Hitler n'a-t-il pas déclenché la guerre et pas la classe dirigeante allemande, c'est Staline qui décidait de tout, Harry Truman avait étalé la même poésie pour lancer la bombe atomique à Hiroshima6, c'est le stupide Nixon qui a poursuivi la guerre du Vietnam avec l'invention de la théorie du fou7, et n'oublions pas le nul Busch fils déclenchant la guerre en Irak sur la simple présomption (mensongère) que Saddam possédait des armes chimiques de « destruction massive », au grand dam de la gauche bourgeoise américaine qui déjà passait plus de temps à défendre le mode de vie musulman que de s'opposer véritableme nt d'un point de vue de classe (prolétarienne) à la guerre.
Le revirement le plus étonnant dans cette « réorientation » vers la mer de Chine n'est pas le soudain langage belliciste de Trump, mais l'oubli par tous ces braves républicains ricains de daesch : évaporé l'hydre, l' « Etat islamique » qui terrorisait les aéroports et les tarmacs du monde entier. Un terroriste peut en cacher un autre ? La moumoute de Kim Jong a-t-elle totalement supplanté la longue barbiche de Ben Laden et de ses successeurs égorgeurs du désert ? Le papounet du Réseau Voltaire tient l'explication du « complot » contre Trump, il a lieu à l'instigation d'un ancien trotskiste, Paul Wolfowitz, soutien de Busch père et de la mère Clinton, et anti-européen militant. Meyssan en perd son dentier : « La loi remet en cause tout ce que Donald Trump a accompli durant les six derniers mois, notamment la lutte contre les Frères musulmans et leur organisations jihadistes... ». Quand bien même Trump s'en fiche lui aussi de l'hydre « musulmane radicale » fabriquée par cette CIA qu'il n'a pas en odeur de sainteté8.
En vérité, de même qu'on nous a toujours présenté les guerres comme déclenchées par un « taré » incidemment à la tête de l'Etat, de même les critiques contre les « exagérations verbales » de Trump servent autant que la perverse dialectique bellicistes/pacifistes avant 1939 : « si tu veux la paix, prépare la guerre ». Toutes les critiques et contestations de Trump, y compris celles l'accusant de complicité avec l'extrême droite9, lui servent de balancier pour mieux fonder sa politique de diabolisation du nouvel ennemi international, dans la tradition mensongère de ses prédécesseurs au langage chatié10. La dénonciation diabolisante des boches avant 1914, l'hystérie nazie, le langage ordurier des généraux colons, ni les inventions des Bush-Blair-Sarkozy n'ont dérogé aux écarts de langage lorsqu'il s'agissait de défendre les intérêts de la « patrie », voire des patries capitalistes coalisées. Le mensonge sur la propaganda se perpétue dans l'Eduque naze et dans la presse stalinienne et trotskienne11. Si Trump franchit le pas, rien n'est moins sûr que les protestations internationales fassent plier l'empire US, ni que la Corée du nord massacre des milliers de ses voisins. La Chine pourrait par contre tirer profit, comme lors de la guerre du Vietnam, de cette « connerie la guerre » sous égide des faucons US pour mieux déstabiliser l'Amérique impérialiste; sans compter la Russie prête à s'allier avec elle si le militarisme de Trump (ce pourquoi il a été élu) va trop loin.
La rivalité USA/Chine n'est pourtant pas nouvelle : guerre de Corée en 1950 où l'armée US s'est illustrée par l'utilisation d'armes chimiques et du napalm toujours pour le contrôle du pétrole en Mer de Chine ; guerre du Vietnam dans les sixties toujours face à la Chine, le pétrole est refilé à EXXON. On oublie aussi que c'est au cours de la razzia américaine de fin 1945 que l'impérialisme ayant voulu récupérer la "colonie" du Japon vaincu, la Corée, la Chine entrait à son tour en scène pour l'en empêcher...
Pour l'heure, l'Europe veut jouer les intermédiaires. Angélique Merkel a tenu un discours pacifiste à cheval sur les amis chinois et américains. Macron a attendu trois jours avant d'affirmer son soutien contre la moumoute de Corée du nord. Dans l'ensemble, les Etats européens veulent ménager le panda, l'éléphant républicain et l'âne démocrate. L'Europe reste le plus grand marché du monde. L'Etat turc a envoyé des émissaires en Chine, comme pied de nez à la volonté américaine de créer un vaste Etat kurde. C'est la même politique de donnant-donnant et de piétinement que mène les Etats frères turc et allemand12.
Sur le plan de l'invasion migratoire, des choses sont en train de changer à grande vitesse, révélant les bisbilles entre pays européens. Si plusieurs grandes puissances, les Etats-Unis en premier lieu, mais surtout l'Allemagne et la Grande Bretagne, ont permis -grâce à leurs guerres incessantes – d'user de ce prétendu moyen humanitaire pour « foutre le bordel » en Europe avec la promesse d'un accueil généreux de centaines de migrants, et avec le soutien des gauchistes et du plouc de Provence aux passeurs, les temps changent. On nous fait savoir que des dizaines de postulants à la migration sont noyés sans vergogne en Méditerranée et que même les articles chrétiens du quotidien à gauchistes Libération n'y peuvent rien. On ne sait pas quelle puissance patronne les flics libyens qui tirent sur les bateaux des ONG (sponsorisés par la bourgeoisie US), mais on sait que le gouvernement italien, lui, a promis une tête au carré aux rafiots de Médecins sans frontières et assimilés, qui dégagent plus vite que prévu. S'orienterait-on vers une telle « solution » à la crise migratoire avant un passage à l'acte nucléaire ? Pour mieux unifier les populations otages ? L'impérialisme US aux abois fout le bordel partout en pointant du doigt des puissances mineures.


LA GUERRE MONDIALE N'A PAS EU LIEU DEPUIS 60 ANS ET CE N'EST PAS GRACE AU PROLETARIAT


Cette théorie défendue par le CCI m'apparaît désormais bien farfelue, comme si le monde ne procédait que de l'opposition bourgeoisie/prolétariat, de la valse des méchants et des bons. Il est indéniable que la bourgeoisie tient toujours compte des menaces de possible révolution de la principale classe envoyée au casse-pipe, qu'elle ne peut déclencher la guerre sur un simple claquement de talons d'un trouduc général. Mais tant d'autre facteurs entrent en jeu, qu'une telle théorie ne peut plus apparaître que comme simpliste et irréaliste. Tant de paramètres viennent l'infirmer : ce n'est pas le prolétariat qui met fin à la guerre de 39-45, ni à celle de Corée, ni à la crise des fusées à Cuba, ni à la guerre du Vietnam, ni à la guerre d'Algérie, etc. D'ailleurs sur la dangerosité sociale et politique du prolétariat on ne peut qu'être, pour l'heure, fort modeste. Depuis la chute de la maison stalinienne il s'est plutôt fait peur à lui-même, jusqu'à ne plus bouger même un doigt de pied face à des attaques considérables sur ses soit disant acquis sociaux.
Jamais le prolétariat n'a empêché les guerres mondiales, quoiqu'on l'ait quand même préparé et endormi auparavant. Pour un Lénine, autrement subtil et complexe que les pauvres théoriciens du CCI, le début de la Première Guerre mondiale a une importance qui leur a échappé ainsi qu'à tous les admirateurs trotskiens d'un Lénine « chef d'Etat prolétarien » : cela signifie la fin du légalisme et du réformisme, et c'est énorme pour la conscience (révolutionnaire) de classe.
Aucun automatisme entre guerre et révolution, pour une part, pense le Lénine en opposition, la violence exercée à l'extérieur sert de moyen préventif à la bourgeoisie pour empêcher « la révolution qui couve »13. Rien n'est immuable dans la dialectique de Lénine, contrairement aux radotages des sectes : « Les guerres sont une chose confuse, complexe et compliquée ». Comme Rosa Luxemburg, son alter-ego féminin emprisonnée en Allemagne, il pense que la guerre est une étape inéluctable du capitalisme ; la guerre peut aussi bien faciliter que compliquer le processus révolutionnaire14. Dans le sens facilitateur, il est notoire qu'il est (stratégiquement) plus intéressant que les bourgeois fasse verser le sang les premiers, il sera alors plus facile de passer du bulletin de vote au fusil : « au moment où la bourgeoisie violera elle-même sa base légale ». Dans le sens négatif, par crainte de la révolution à venir, les classes bourgeoises peuvent se sentir contraintes d'adapter une politique désespérée.
Le réformisme (comme le CCI) pensait que l'alternative était d'empêcher la bourgeoisie d'aller à la guerre, même avec un prolétariat amorphe ou réduit à un syndicalisme révolutionnaire corporatif ! En 1899, Lafargue imaginait Boulanger (le Le Pen de l'époque) arrivant au pouvoir et se laissant entraîner dans une guerre voulue par la Russie. Engels lui répliqua immédiatement , erreur grossière : « notre mouvement sera écrasé, en particulier en Allemagne ». Engels ne rejeta jamais la violence de classe, nécessaire et indubitable, mais volontarisme et militarisme (même prolétarien) comme obstacles à une vraie révolution. Lénine y ajouta une précision : la nécessité de l'insurrection qui seule exprime la vraie rupture de société. On est encore en période charnière, la guerre russo-japonaise n'est-elle pas une des dernières guerres coloniales ; toutes les guerres ne se ressemblent pas, n'en déplaise à la naïve Rosa, il y a encore des guerres d'indépendance nationale...
Lénine se méfie de toutes les recettes préventives de la Deuxième Internationale. Il rejette la naïve résolution d'un recours miraculeux à la grève générale pour empêcher la guerre ; elle n'a pas eu lieu et n'a donc rien empêché. Il méprise la tactique insurrectionnelle d'Hervé, aventuriste. Il se démarque de la pratique du pire à la Radek qui croit que la guerre est le plus court chemin vers la révolution. La résolution qu'il présente avec Martov et Rosa au congrès de Stuttgart (1907) n'a pas pour seul ni principal objectif que la guerre n'éclate, mais « d'utiliser la crise provoquée par la guerre pour accélérer la chute de la bourgeoisie ». Pas de recettes chez Lénine mais tirer parti des crises et tournants historiques.
Visionnaire, Kautsky lui, prévoit l'avènement d'une nouvelle époque de révolutions et de guerre, et enchante toute l'Internationale, bureaucrates ventrus comme futurs martyrs de la réaction bourgeoise. Mais avec une vision étrangement pacifiste et inconsciente des conséquences d'une grande guerre. Et, comme le lui dit Trotsky, il se trompe complètement au fond en croyant que la révolution sera la réponse immédiate à la guerre. Il y faudra trois longues années... Au début de la guerre la bourgeoisie est au contraire hyper puissante partout, ses aboyeurs socialistes et syndicaux triomphent. Lénine est d'accord sur ce point avec Trotsky, ainsi que Otto Bauer. Kautsky n'est qu'un petit spéculateur.
La révolution ne peut sortir que de l'aggravation des antagonismes de classe et de l'exacerbation des contradictions de l'impérialisme. Ce qui fonde la pensée iconoclaste de Lénine, mais bien marxiste, c'est que la pensée n'est pas une vue de l'esprit intra-muros mais se nourrit et éveille la conscience par la polémique, principalement contre les billevesées de la Seconde Internationale. Il ne philosophe pas, il ne disserte pas, il combat. Tout n'est pas possible tout le temps. Une période n'est pas équivalente à une autre. « Transformer la guerre impérialiste en guerre civile » est ridicule en 1914, pas en octobre 1915 où les millions de soldats commencent partout à renâcler devant l'ampleur des massacres et l'immobilité cruelle des tranchées.
Les constructions théoriques sont subalternes, et ternes. C'est le moment (hélas) de la guerre, dans son déroulement, qui lui permet d'approfondir, et il en analyse au plus près les étapes et contradictions. Fin 1914, il ne pose pourtant pas au premier plan la fonction contre-révolutionnaire de la guerre, mais la dénonciation des nouvelles formes des impérialismes. La fonction de la guerre ne reste-t-elle pas en même temps « de détourner l'attention des masses laborieuses des crises politiques intérieures ». Robespierre et Marat l'avaient déjà établi jadis. Et « décimer leur avant-garde ». La guerre n'a fait dans un premier temps que retarder la chute du tsarisme.
Oui Lénine a été surpris par la trahison de la Deuxième Internationale, le terme est mal choisi, mais pas par les conséquences de la guerre. Analysant les pronostics de Kautsky de 1908, il voit l'aggravation des contradictions de classes, la hausse du coût de la vie, et l'ensauvagement impérialiste. Il rejoint les radicaux allemands avec Rosa, considérant les trois facteurs qui viennent d'être listés comme aptes à accentuer la radicalisation des masses.
Les ouvriers n'ont pu empêcher la guerre ni éviter des erreurs terribles mais la révolution est en marche. Leurs défaites n'auront été qu'un « moindre mal », réflexion à la manière du Marx tirant la leçon de la Commune de 1871. Les défaites sont lourdes de l'avenir. Les leçons de la guerre en cours délimitent opportunisme et marxisme révolutionnaire, fétichisme de la légalité parlementaire et minorité socialiste déterminée au renversement de l'Etat (on ne l'avait pas vraiment établi dans l'Internationale avant la guerre). A ce moment précis seulement la guerre devient un facteur favorisant la révolution.
La guerre n'est plus une cause de la crise mais la crise elle-même, et, pire encore, elle fait grandir le nombre des fossoyeurs de l'ordre impérialiste déchaîné. Pour Lukacs, la guerre n'a pas causé la révolution, mais transformant qualitativement la confrontation des classes, elle a rendu « la crise révolutionnaire plus aiguë ». La guerre entraîne une « période d'effondrement des rapports capitalistes ». La « rivalité armée » n'est considérée tout au plus par les bourgeois que comme une « étape nécessaire  du point de vue économique et social ».
Lénine a des fluctuations mais il croit toujours à la « possibilité » de la révolution. En 1916, en réponse à Henriette Roland Host, comme face aux jeunes socialistes suisses en janvier 1917, la révolution socialiste reste encore lointaine pour lui. Il craint même que la lamentable chute de la Seconde Internationale ne laisse le champ libre qu'aux impuissants anarchistes et syndicalistes. Ses « thèses d'avril » ne sont nullement une improvisation mais un produit de ces longues années d'étude sur le déroulement de la crise politique et militaire bourgeoise. Son génie politique ne réside donc pas dans ses pronostics mais dans son utilisation du marxisme comme stratégie et du fait qu'il a rompu avec le marxisme moribond de la Seconde Internationale (ce que M. Löwy a bien vu).
Lénine détonne face aux marxistes idéalistes parce qu'il pense toujours le « possible » (le doute est chez Marx) : « on ne peut pas fabriquer une révolution à partir d'une guerre ». La guerre faisant partie des facteurs permanents, ce n'est pas seulement par rapport à celle de 1914 que les révolutionnaires doivent se situer, mais par rapport à toute « une époque » (à venir) de guerres ininterrompues. Le mot d'ordre si étonnant, voire culotté « Défaite de notre propre bourgeoisie » fait écho à celui, plus puissant encore, de Karl Liebknecht « L'ennemi est dans notre pays ». Ce mot d'ordre se répand parce que :
  • les revers militaires s'accumulent
  • la guerre se prolonge sinistrement.
Donc : croissante colère des masses ; colère qui peut « muer avec une rapidité fulgurante en action ». Lénine ne devient ni prophète ni spéculateur mais se livre à un calcul de probabilités fondé sur « une alternative ». C'est un empirique absolu qui n'hésite jamais à modifier sa théorie à la lumière de nouveaux événements. La révolution aura lieu dans l'épicentre du principal pays vaincu, Russie ou Allemagne. Toute guerre ne contient pas une révolution et toute situation révolutionnaire ne débouche pas sur la révolution. Sans parti, pas de révolution. Le parti ne fomente pas la révolution, mais fournit les réponses aux alternatives créées par une situation concrète. Finies dès lors les oscillations. Le parti montre que la guerre n'est plus centrée seulement sur la Russie mais concerne le monde entier et les tâches du prolétariat international : « Nous devons préparer cette révolution, la faciliter ». La révolution russe devra donc être le catalyseur de la révolution mondiale.
Qu'il y ait usage des véritables armes de destruction massive ou non.




CHARLOTTESVILLE (USA) : UNE AGRESSION CRIMINELLE incontrôlée

Les médias ont tardé à préciser qui avait écrasé qui. Un conducteur fou gauchiste aurait-il écrasé des fachos ou l'inverse. Effet réussi puisque Trump a renvoyé dos à dos les deux types de manifestants, dans une équivalence plus que douteuse. C'est bien une graine de taré serial killer, un jeune blanc américain qui a lâchement écrasé une jeune femme (on voit le corps traîné par la voiture sur plusieurs mètres), et gravement blessé une dizaine d'autres contre-manifestants venus s'opposer à un échantillon des divers clans de néo-fachos : néo-nazis, suprémacistes blancs, Ku Klux Klan (KKK) jusqu’à la droite alternative et Alt Right. Drôle d'époque ou la voiture supplée au revolver comme arme par destination !
Libé a titré : « marche raciste », Le Point « Rassemblement d'extrême droite », SUD-OUEST parla de « droite radicale ». Le taré s'est enfui, à reculons, pour ne pas être lynché et se mettre sous la protection de la police. Le Parisien et certains journaux de province ont placé ce drame sous la rubrique « fait divers », ils n'ont pas complètement tort. Aucun parti, aucun instituteur ou policier, ne peut empêcher un individu paumé de passer à l'acte, avec cette « haine » si répandue d'individus largués afin de « rentrer dedans » comme cela a été le cas à Nice ou à Manchester (on oublie vite si on n'a pas des êtres chers touchés). Il est si tentant de dire la droite radicale c'est comme tous les musulmans des criminels impuissants, mais la plupart des musulmans « radicalisés » n'ont pas vocation à être des criminels impulsifs, comme tous les membres des droites « radicales »n'envisagent pas de tuer au hasard. Les extrêmes se gavent de symboles et sont souvent enclin à tuer « symboliquement » mais de là à passer à l'acte...
Les organisateurs de la manif « facho » n'avaient certainement pas planifié une telle boucherie qui les dessert complètement ; les deux camps comportaient des individus venus avec bâtons en bois et boucliers. Par contre c'est la ruée sur les réseaux sociaux, et Trump est accusé de complicité : « à l'attention des médias enragés contre l'Islam, la vraie menace c'est celle de l'extrême droite ». On ne sait pas qui est Kim Jong ni le nom du président chinois, ni si le chef de daech est encore vivant. On hurle après le « fâchisme ». On se démène pour lui promettre l'enfer ; des manifestants de gauche portaient des pancartes du genre « kill the nazis ». Ce n'est pas la première fois que gauchistes et fachos, ou sectes trotkiennes entre elles, s'entretuent aux Etats désunis aunom des ombres du passé ; cela fait partie de la tradition western et je dirai même plus pathologique et primaire que politique. Les racistes sont certes des salauds mais en focalisant sur ces racailles marginales, la gauche US et ses gauchistes ne combattent pas l'Etat, ni ne font référence au prolétariat. Ils crient à la complicité de la police mais l'appellent à l'aide si les escouades de « néo-nazis » sont plus nombreuses. Ils demandent à l'Etat bourgeois de les interdire.
Ce drame local n'a même pas la gravité du février 1934 en France où on avait compté plusieurs morts par balles à Paris. Trump n'en sera aucunement gêné pour continuer ses bravades bellicistes. Ce drame, avec sa violence visible par tous et concrète contrairement aux attentats en France, sert à évacuer la mode planétaire « danger islamique » car « la vraie menace c'est celle de l'extrême droite », hein ? La preuve vous ne la voyez pas ? Ces bouts de chair humaine éclatée autour de la voiture et ces gouttes de sang sur le capot... A chaque fois que la "voiture folle" d'un fana d'Allah fonce sur la foule en Europe ou sur un groupe de militaires de "Sentinelle" (pauvres pioupious exposés inutiles qui n'ont même pas le droit de tirer comme les flics) on n'entend jamais protester nos antifas de Charlottesville ni du quartier latin.... mais, peu après les dégâts de la "voiture folle" américaine les réseaux aliénés, médias US anti-Trump, le Huff Post et presse bobo française se déchaînent à leur tour pour nous mener la grande campagne futile de dénonciation de la "haine", exprimant bien plutôt l'envie primaire d'appel au meurtre et leur propre haine pleine de bruit et de fureur mais aussi irrationnelle que celle des "fachos".
Il y a cent ans, on avait bien eu les bagarres autour de l'affaire Dreyfus, des ouvriers des IWW assassinés, les émeutes des Croix de Feu guère plus tard, etc., ces incidents souvent meurtriers n'avaient ni interféré ni inquiété les préparatifs pour les deux guerres mondiales. Dans la guerre, fachos blancs comme gauchistes noirs pourront se retrouver dans la même unité... de combat contre l'ennemi commun, s'ils ont le temps de dégainer avant le souffle atomique.
La photo du drame qui roule le plus sur les réseaux sociaux est celle de ce policier noir qui tourne le dos aux abrutis néo-nazis. Les légendes qui accompagnent la reproduction confirment l'ignominie et la bêtise de la noria de trolls gauchistes : « c'est quand même malheureux, et il est là pour les défendre ». Avec pour seule ressource de considérer la police comme principal ennemi en temps normal, sans facho à l'horizon, ces ignobles voyeurs ne se rendent même pas compte que le policier noir leur montre, à eux aussi, son cul.



NOTES DE L'ARTICLE PRINCIPAL


1http://www.historionomie.com/archives/2015/06/03/32163733.html

2Un groupe bourgeois marginal mais institutionnel, LO, s'est risqué à une prise de position timide et pitoyable : « Face à la Corée du Nord, les Etats-Unis – qui étranglent déjà le pays via leur embargo depuis la fin de la guerre de Corée en 1953 – sont en train de durcir le ton par la voix de Donald Trump. Ils reprochent au dictateur Kim Jong-Un de chercher à se doter de l'arme nucléaire, et appellent les gouvernements du monde entier à resserrer l'étau, faute de quoi ils menacent d’un déluge de feu.
Mais les Etats-Unis soutiennent à travers le monde quantité de régimes qui n'ont rien à envier à la Corée du Nord en matière de brutalité. Et ils tolèrent que certains États, comme Israël ou le Pakistan, détiennent l'arme atomique – du moment que ce sont des alliés ! ». La Corée « étranglée par les Eats-Unis » selon la lamentable vision trotsko-stalinienne ; la dictature « communiste » coréenne a de nombreux points communs avec celle des peigne-zizis de LO : s'ils étaient au pouvoir tous les ouvriers grévistes et les marxistes anti-trotskiens seraient en prison ! Mais aucune inquiétude à avoir, l'avenir posthume de la bande de petits profs à Arlette nous étrangle de rire. Concédons que pour sa part le NPA n'a pas eu tout à fait tort de dire que "l'islamisme n'existe pas, c'est un leurre", on le vérifie avec le nouvel axe du mal aux yeux bridés... Néanmoins ce versant trotskien réformiste radicalement antiraciste est malheureusement radicalement tolérant avec une religion, réellement existante et sponsorisée par les élites gouvernantes, principal moyen de contrôle et d'aliénation d'une grande partie du prolétariat partout dans le monde.
3 https://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/030459019687-dix-ans-apres-la-crise-le-systeme-financier-mondial-est-il-solide-2106533.php


4Le congrès extraordinaire de Bâle « contre la guerre » rassemble les 24 et 25 novembre 1912 quelques 500 délégués socialistes venus de 23 pays différents, parmi lesquels 123 Français. La gravité de la crise balkanique fait planer la menace d’un conflit imminent et généralisé. Une manifestation parcourt au matin du 24 les rues de la ville avant de converger vers la cathédrale. Douze mille personnes ne parviennent pas à entrer. Quatre tribunes sont alors installées autour de l’édifice où s’expriment vingt-six orateurs des différentes nations.Le 25, la résolution rédigée par Victor Adler (Autriche), August Bebel (Allemagne), Jean Jaurès (France), James Keir-Hardie (Angleterre) et Gheorghi Plekhanoff (Russie) est acceptée à l’unanimité. « Le Congrès demande aux partis socialistes de continuer vigoureusement leur action par tous les moyens qui leur paraîtront appropriés. »(1) Par ces termes, l’unité est réaffirmée entre les courants réformistes et révolutionnaires de l’Internationale socialiste. La diversité des moyens pour suivre le mot d’ordre « guerre à la guerre » est du reste clairement évoquée dans le discours de Jaurès. Lénine est magnanime avec cette résolution quand même assez creuse. Il écrit en 1915: « La résolution de Bâle renferme moins de déclamations creuses que les autres, et bien plus de contenu concret. La résolution de Bâle parle précisément de cette guerre qui a éclaté, précisément de ces conflits impérialistes qui se sont déchaînés en 1914-1915 . Source G.Haupt : http://dormirajamais.org/jaures/


5Célèbre tondeuse des Huns au Ve siècle avant JC (l'herbe ne repoussait jamais après son passage), alors qu'il n'est qu'un vulgaire...numéro deux !

6«C'est la maîtrise de la puissance fondamentale de l'univers. La force d'où le soleil tire son énergie a été libérée pour s'en prendre à ceux qui ont amené la guerre en Extrême-Orient». Truman (août 1945)

7Le magazine The Spectator et d'autres médias américains évoquent la possibilité que Donald Trump s'inspire de la «théorie du fou» inventée en 1968 par le président Richard Nixon, tout juste élu, inspiré par son conseiller à la sécurité nationale, Henry Kissinger, pour mettre un terme à la Guerre du Vietnam. Nixon expliquait à son autre conseiller, Bob Haldeman: «J'appelle cela la théorie du fou, Bob. Je veux que les Nord-Vietnamiens croient que j'ai atteint le point où je pourrais faire n'importe quoi pour mettre fin à la guerre. Nous leur ferons passer le mot: “Pour l'amour de Dieu, vous savez que Nixon est obsédé par le communisme. Nous ne pouvons pas le contrôler lorsqu'il est en colère, et cet homme a la main sur le détonateur.” Et Hô Chí Minh en personne sera à Paris dans les deux jours, implorant la paix». Feindre la folie, l'exaspération, l'irrationalité pour faire plier son adversaire. Un pari risqué quand l'équilibre nucléaire est en jeu. «Donald Trump joue depuis le début de son mandat sur son imprévisibilité, ce qui peut être très utile», commente le géopolitologue Hadrien Desuin, mais «Donald Trump n'a rien à voir avec Richard Nixon, qui était cultivé, très fin et grand stratège. De ce point de vue, Donald Trump a beaucoup moins besoin de jouer au fou que son prédécesseur».


8Finalement Meyssan participe complètement au bashing de Trump avec des arguments ras du trottoir : « Plus que jamais, le conflit Trump/Establishment prend une forme culturelle. Il oppose les descendants des immigrés à la recherche du « rêve américain » à ceux des puritains du Mayflower. D’où, par exemple, la dénonciation par la presse internationale du langage vulgaire du nouveau responsable de la communication de la Maison-Blanche, Anthony Scaramucci. Jusqu’ici Hollywood s’accommodait parfaitement des manières des hommes d’affaire new-yorkais, mais soudainement ce langage de charretier est présenté comme incompatible avec l’exercice du Pouvoir. Seul le président Richard Nixon s’exprimait ainsi ». Et il ne voit pas les réels clivages de base entre les deux factions US et leur unification dans le désir de marche à la guerre... contre la Chine.

9J'y reviendrai par après concernant le dramatique fait divers à Charlottesville.

10Cela n'empêche pas la rude « administration » de Trump de mener des négociations secrètes en permamence avec la Corée du Nord, notamment pour l'échange de prisonniers.

11Pour ne prendre que l'Huma, néo-stal démocrasouille, ses plumitifs continuent à héroïser les brigades internationales en Espagne – les brigands de Staline (en l'occurence les embrigadés cubains)– qui ont été expédiées par celui-ci pour militariser la révolte espagnole puis dissoutes pour laisser franco massacrer tranquillement. Ni l'huma ni nos braves maximalistes isloés ne vont se fendre d'une pub pour mon livre, on ne touche pas aux mythes de la gauche bourgeoise.

12Ces deux Etats ont historiquement des intérêts économiques et sociaux inséparables. Attaturk avait été formé en Allemagne. Une forte classe ouvrière turque sous la coupe musulmane en Allemagne est le meilleur antidote à une unification du prolétariat.

13Tous les guillemets et le développement correspondent à l'extraordinaire texte de Georges Haupt : Guerre et Révolution chez Lénine (consultable sans filtre sur le web).


14Il n'aime jamais tant que citer Engels de 1891 : « tirez les premiers messieurs les bourgeois ».

samedi 5 août 2017

CASSE-TETE MIGRATOIRE : une charité policière antifasciste et antiraciste

« Qu’il est tout aussi naturel que les agents réels de la production se sentent parfaitement chez eux dans ces formes aliénées et irrationnelles….car ce sont là précisément les formes illusoires au milieu desquelles ils se meuvent tous les jours et auxquelles ils ont affaire. » Marx

J'ai eu l'occasion à plusieurs reprises de remarquer combien la politique bourgeoise devenait apparemment illisible, comment il m'apparaissait incongru que les diverses factions se tirent une balle dans le pied, judiciarisent leurs conflits de préséance, nous accablent de procès à répétition pour prévarication de l'argent public, tout en nous débitant l'incontournable morale antiraciste et antifasciste. Avec ce singulier affichage d'un volonté franchement simplement verbeuse, de mettre fin aux injustices, du chômage endémique à l'errance des migrants.

Ce satané Marx remarquait déjà en 1844 que le traitement politique de la pauvreté consistait dans le développement d’une administration dont la tâche « n’est plus de juguler le paupérisme mais de le discipliner, de le perpétuer. Cette administration a renoncé à tarir le paupérisme par des moyens positifs, elle se contente de lui creuser, avec une policière charité, une tombe chaque fois qu’il surgit à la surface du pays officiel».1

Ce pauvre Gramsci, qui sert désormais de réservoir d'idées aux divers extrêmes, nous fournissait une partie de l'explication. La bourgeoisie moderne ne pourrait gouverner par un simple mépris et un autoritarisme à sens unique. Gramsci remarqua que la « phase hégémonique » du capitalisme correspond à un moment historique où la bourgeoisie ne domine pas simplement grâce à ses moyens de répression mais maintient sa position dominante car elle est devenue la direction politique (d'une société de consommateurs passifs) où s’exprime par « une collaboration pure, c’est-à-dire un consentement actif et volontaire (libre) » de ceux qu’elle domine. Concernant ces millions de prolétaires (consommateurs consumés ou subsumés), Gramsci concédait que si, en temps « normal », la conscience des travailleurs est dominée, elle n'est jamais complètement acquise à la classe dominante car elle contient deux éléments : l’un négatif dominant et, l’autre, positif en dormance. Ceux-ci se synthétisent en une seule conscience, mais qui est « contradictoire ». Ni Marx, ni Lénine, ni Bordiga, ni Gramsci ne considéraient les prolétaires comme une masse de crétins, ce qui est par contre la pensée basique de la haute bourgeoisie, du « président des illettrés » (le nommé Macron) et de son émanation inférieure la petite bourgeoisie.

Le mépris des classes dominantes envers le prolétariat

« Il peut sembler au premier abord que les capitalistes, détenant tous les pouvoirs essentiels et
tirant en quelque sorte les principales ficelles du jeu politique et social à l’échelle mondiale, n’ont pas besoin d’exprimer leur haine des prolétaires ni même de l’éprouver tant leur position présente semble inébranlable et indépassable si on n’accorde pas une importance exagérée au lot inévitable des grèves sporadiques, des émeutes populaires et coups de colère en apparence sans lendemain. L’indifférence ou le mépris devrait suffire »2.
(…) L’hypothèse qu’il restera à vérifier en ce qui concerne notre époque est que la haine des
classes dominantes prend toujours, comme dans le passé, une expression directe, compulsive dès
que des gens des classes populaires ont la prétention inouïe d’occuper l’espace public avec leurs
propres désirs et revendications. Une rapide plongée dans le passé permettra d’apprécier le caractère répétitif de ce mécanisme tout à la fois psychologique, social et politique.(...) Le vent de la haine, de la xénophobie et de la barbarie s’est le plus souvent levé en premier lieu au sein des secteurs des milieux aisés les plus cultivés et les mieux informés de la marche du monde ».3
Dans l'opacité et l'incongruence du soit disant « rejet de la politique par les déshérités » on continue à tout faire pour dissoudre cette conscience lucide surgie en mai 68 que la politique est l'affaire de tout le monde. Avant ces étonnantes sixties la politique était une affaire trop compliquée pour le peuple ou un prolétariat gentiment électoral ; du reste de nos jours en milieu populaire on entend encore des « la politique c'est trop compliqué pour moi » ou « la politique je m'en fiche, tous pourris ». Les élites dirigeantes ont depuis quatre décennies institué une ribambelle de « spécialistes », journalistes accrédités au pouvoir, politologues pour expliquer les tendances dans le PS, éminent connaisseur du FN, etc., paysage empli de fétiches où la guerre des classes sociales a disparu4. Le lamentable cirque médiatique nous offre comme lieux de débat « démocratique » ces idiots de spés triés sur le volet pour causer entre eux de ces choses étranges qu'ils sont seuls aptes à décrypter : les soubresauts des politiques de domination. Certains ont découvert tardivement que le fonctionnement de la représentation politique « reste une dépossession des profanes au profit des professionnels »5.

Le mépris bourgeois s'affiche royalement via l'angélisme médiatique antiraciste et antifasciste, et dans la façon même dont ils se débarrassent cyniquement de leurs propres turpitudes :
« Comment continuer de jouer le jeu lorsque la corruption des élites est régulièrement illustrée et démontrée à l'occasion des scandales qui se succèdent ? Comment respecter les corrompus qui persistent dans leur condescendance de caste ou leur arrogance de classe ?
L'ingénuité des élites, qui s'étonnent d'être mises en cause, n'a d'égale que leur cynisme devenu seconde nature, en quoi il reste inaperçu. Ces élites qui s'attribuent le monopole de toutes les compétences, réagissent elles-mêmes en s'indignant, prenant la pose du mépris : « populistes » lancent-elles aux citoyens désenchantés qui les rejettent, avec la force du ressentiment »6.
Contrairement à ce qu'elle fait hurler par tous ses supplétifs la bourgeoisie n'a pas « éliminé » le stalinisme, elle l'a « digéré », il est à la source de sa guimauve idéologique moraliste pour justifier sa pourriture financière et morale :
« Le néo-antifascisme, aujourd'hui surtout parlé par la gauche et l'extrême gauche, est un jargon idéologique constitué de clichés et de poncifs, fonctionnant avant tout par répétition des mêmes formules creuses. L'antilepénisme est devenu sa principale figure. Il a pris sa forme définitive à travers les rites de dénonciations visant le Front national, entre 1984 (mais déjà en 1983) et 1995. Dans ce jargon de bois d'une grande pauvreté lexicale et syntaxique, exprimant une pensée rigide, intégralement sloganisée, on retrouve non seulement l'héritage du langage stalinien – de son «antifascisme » instrumental – mais encore, paradoxe tragique, les traits du discours tenu par Adolf Eichmann relevés par Hannah Arendt au cours du procès du criminel nazi à Jérusalem »7.

Le fonctionnement basique de la domination idéologique bourgeoise fonctionne sur un passé simplifié, chimérique et déformé interprétant dans une actualisation de faussaires les tristes années 1930 et 1940. Taguieff convoque à la barre des penseurs dérangeants, qui eux non plus ne citent pas la source de leur « radicalité », les Michéa et Guilluy, mais aussi le sulfureux Buisson, notamment sur la question centrale, qui est, comme je l'expliquerai plus loin, la meilleure manière de liquider l'internationalisme : « L'immigré est perçu comme le symbole de la paupérisation qui guette. L'antifascisme pavlovien consiste à ne voir dans l'immigration qu'un problème de xénophobie et de racisme, alors qu'elle est au cœur de la question sociale »8.
Taguieff a des carences dans son info personnelle. L'intronisation de la smala Le Pen c'est Mitterrand et la gauche en difficulté au pouvoir qui l'ont mis en selle avec le soutien de tous leurs électeurs gauchistes et trotskiens. Si le FN n'avait pas existé la bourgeoisie l'aurait inventé, mais c'est bien le cas. Le FN était inexistant avant 1981 ! Depuis le lepénisme, ce fétichisme, a servi, même aux factions de droite, de bouc-émissaire de toutes leurs souillures « républicaines ».
Tous les fétiches idéologiques sont des créations de politiciens bourgeois, des créations humaines dit Tom Thomas. Ils sont fétiches non parce qu’ils n’existent pas, mais parce qu’on leur attribue un rôle qu’il n’ont pas, parce qu’on en fait des causes là où ils ne sont que conséquences. Ce sont tout particulièrement ces intellectuels « spécialisés », journalistes et sociologues exhibés par l'Etat et leurs sponsors privés. Il forgent cette idéologie angélique dominante sur la base des fétichismes d'un fascisme inexistant et d'un racisme inventé9, une pensée qui ne permet pas d’avoir prise sur la réalité, de la transformer ; une pensée qui conserve, reproduit, aggrave. Car en réalité, le marché n’est pas rationnel, l’argent ne produit pas de l’argent, le salaire n’est pas le prix du travail, les prix ne sont pas la valeur des marchandises, les machines ne produisent pas de profit, le coût « trop élevé » du travail n’est pas la cause de la crise, ni la concurrence celle du chômage, et encore moins n’est-elle la liberté10. Et ainsi de suite, le FN n'est pas en charge... de la rétention et de l'expulsion des migrants !

J'ouvre une parenthèse sur le passé cynique des classes dominantes, car on se dit « en a-t-il toujours été ainsi ? ». Oui il en a toujours été ainsi pour l'Etat des classes dominantes de jadis et naguère. Sorciers, prêtres, conteurs se sont succédé pour mystifier les peuples, et ce n'est pas le moins paradoxal que la dominance bourgeoise moderne se servent encore de ces trois catégories de personnages louches en même temps en une même époque de décadence.
Sous la féodalité, c'est la religion qui servait d'abrutisseur public. Dans le cas de l'abbaye de Cluny les abbés étaient recrutés dans la haute aristocratie. Pour favoriser la conversion (= soumission) des populations païennes, le culte des saints, et donc des reliques (=fétiches), a été vivement encouragé dès le VIe siècle.
Les invasions du IXe siècle entraînent leur lot de malheurs. On prend l'habitude, à cette époque, de sortir les reliques de leur sanctuaire, en particulier pour des processions lors des calamités publiques, et pour réclamer la justice contre les ennemis ou les usurpateurs d'une église. Cet usage s'applique bien entendu aussi aux déprédations dues aux seigneurs locaux : c'est d'un de ces rassemblements expiatoires que démarre le mouvement de la Paix de Dieu 11. Si la contestation paysanne a un caractère antiseigneurial, l'Église ne cherche pas à se substituer au pouvoir central, mais plutôt à moraliser la conduite de la noblesse en mettant fin à ses pillages et incessants combats meurtriers. Les serments établissent un compromis juridique et foncier entre laïcs armés et ecclésiastiques : ils institutionnalisent la seigneurie. La lutte de l'Église contre les violences seigneuriales assoit aussi, par les décisions de ses conciles, le nouvel ordre social organisant la société en trois ordres. Ce mouvement est renforcé dans un deuxième temps par la Trêve de Dieu qui est tout autant soutenue par Cluny.


Le rejet par le prolétariat de l'hypocrisie des classes dominantes


Pour cette partie je ne me suis pas gêné pour réaliser un copier-coller de réflexions intelligentes glanées sur le web.
L’Idéologie est un concept central chez Marx. En effet, il est dérivé de la notion de “superstructure”. Marx distingue deux niveaux de réalité pour la conscience de l’individu (on parle d’ailleurs d’ontologie dualiste à propos de la philosophie)
– l’infrastructure, qui désigne le vrai monde, celui de la matière, des moyens de production,
– la superstructure, qui renvoie au monde des Idées, au monde des illusions, dominé par les idées de la classe dominante, les capitalistes.
Selon Marx, la société bourgeoise est ainsi idéologique car elle repose sur les idées de la classe bourgeoise. Le monde vu par une conscience vivant dans une telle société est un monde fantastique, irréel, loin de la vraie vie. Chez Marx, ce sont les idées bourgeoises qui guident le monde et oppriment la classe prolétaire.
L’idéologie signifie donc domination d’une classe sur une autre :
Les pensées de la classe dominante sont aussi, à toutes les époques, les pensées dominantes, autrement dit la classe qui est la puissance matérielle dominante de la société est aussi la puissance dominante spirituelle. Les pensées dominantes ne sont pas autre chose que l’expression idéale des rapports matériels dominants, elles sont ces rapports matériels dominants saisis sous forme d’idées, donc l’expression des rapports qui font d’une classe la classe dominante; autrement dit, ce sont les idées de sa domination
Le communisme vise donc à rétablir l’adéquation entre la conscience et la réalité. Le communisme réinsère la conscience dans la vraie vie, selon Marx.
Un parallèle peut être fait avec la théorie des Idées de Platon dans la mesure où il y a chez Marx deux niveaux de réalités, deux formes de conscience, l’une dans l’illusion, l’autre dans la vérité, comme chez Platon c’est le philosophe qui accède aux vérités. Le prolétaire joue en quelque sorte le rôle du philosophe chez Marx.
Tom Thomas, qui n'est pas très clair sur la mystification antifasciste, nous fournit cependant dans le même ordre d'idées une éloquente démonstration des fétichismes bourgeois.
«  L’idéologie bourgeoise n’est pas un produit purement imaginaire, purement inventée pour tromper. Elle a une base réelle dans les fétichismes qui sont l’apparence des phénomènes, une manifestation concrète mais superficielle des rapports sociaux capitalistes. Les idéologues bourgeois sont simplement une couche d’intellectuels stipendiés chargés spécialement d’observer cette apparence, de la décrire, et, et c’est là leur rôle actif, de développer ces observations en philosophie, histoire, économie, droit, « esprit des lois » et autres théories supposées l’expliquer, la présenter comme la vérité toute entière, de sorte à fournir ainsi une justification et une cohérence à la société telle qu’elle est. Or au mieux ils savent dire, plus ou moins exactement, et en occultant bien des faits dérangeants pour leurs théories, comment ça se passe. Mais ils ne savent pas expliquer pourquoi ça se passe ainsi. Pourtant ils sont chargés d’expliquer ce pourquoi, et de façon à ce que leurs explications justifient le comment. C’est quand ainsi ils tentent d’expliquer qu’ils sont pleinement idéologues, falsificateurs. (Les fétichismes bases de l'idéologie bourgeoise)
(…) Mais quand se développe une division du travail dans la société, une hiérarchie des fonctions, tous ceux qui y vivent le mieux sont aussi ceux qui sont le plus attachés à sa reproduction, et à la présenter comme la meilleure société possible, celle qui satisfait au mieux à la vie de ses membres. Cette distinction d’intérêt pour la sauvegarde et la reproduction d’une société advient dès que les progrès de l’efficacité du travail ont permis l’entretien d’individus plus ou moins déchargés des tâches matérielles les plus pénibles. Parmi ceux là sont les premiers idéologues, sorciers, prêtres, conteurs, chargés d’expliquer la société et son monde. Intéressés à la conserver intangible puisqu’ils y avaient les meilleures places. Mais qu’une société soit ainsi expliquée par les mythes, les dieux, la Raison, les « lois » économiques, la nature humaine, la race, cela reste de l’idéologie »12.

Susan Georges (« Leur crise, nos solutions ») explique le rapport économique et social entre une petite minorité prédatrice au sommet des Etats et des sociétés au détriment du reste du peuple . La finance – banques et assurances – et au-delà la classe dominante et les politiques depuis plus de vingt ans sont les principaux responsables de a crise systémique qui a éclaté en 2008. La solution a cette crise ne peut donc venir ni de la finance ni des politiques, du moins du même « personnel politique » au commande depuis deux décennies. Ces derniers montrent qu’ils savent trouver des sommes d’argent impressionnantes pour »sauver les banques » et dans le même temps mettre les couches modestes et moyennes sous politiques d’austérité. Comme l’avait montré Gramsci, la domination de la classe dominante s’est étendue à d’autres formes que l’économique notamment dans l’idéologie et le culturel. La classe dominante détient via le droit et surtout les médias le pouvoir de création du sens qui est surtout d’après Alain Bihr une « foire de sens » du fait de la multitude des significations offertes sur fond de disparition des autorités traditionnelles qui fournissait du sens pour la société13.

Le pouvoir du non-sens qui dissout l'internationalisme

On peut le répéter, la chute du bloc de l'Est a pulvérisé les espérances collectives d'un avenir meilleur. Lui ont succédé, comme le dit Taguieff : « des prophètes à visage lepéniste comme à visage antilepéniste », c'est à dire rien et rien. On peut dire que l'antiracisme a pris la place du réformisme, mais sans les attraits économiques et politiques de ce que fût le réformisme au 19e siècle. Pire il signifie que toute révolution est désormais impossible puisque la classe hégémonique et vertueuse préposée historique au grand chambardement final « est raciste », ce haut mal aussi indéfini que le fascisme et la bête immonde.
Quant à la volonté de barrage à la catastrophe migratoire par le FN, c'est un autre réformisme qui s'est écroulé à la mi 2017 avec son refus stupide de l'Europe et la prestation alcoolisée de la fille Le Pen. Aucun des frères jumeaux de la diabolisation politique n'a de solutions à la principale maladie de ce début de XXI e siècle : la crise migratoire. Mais cela n'a aucune importance pour le pouvoir régnant. Cette crise migratoire doit rester le réceptacle de tous les fantasmes, fétiches antifascistes comme fétiches néo-fascistes. Or, sous des apparences chaotiques, le pouvoir sait très bien l'intérêt de la crise migratoire qui n'est plus du même ordre ni du niveau de l'immigration au cours des trente glorieuses. Au cours des années de reconstruction de l'après sinistre guerre mondiale, la bourgeoisie des pays développés allait carrément puiser dans le réservoir à main d'oeuvre des pays du « tiers-monde » (pas encore relookés en pays « du Sud »)14.

Or les vagues migratoires depuis les guerres en Syrie et Irak ne sont pas en soi nécessaires aux pays de l'Eldorado européen, excepté pour l'Allemagne qui avait un besoin urgent de repeupler sa partie orientale, même sans se soucier de la sexualité d'une masse d'hommes arrivés sans femmes15. Contrairement à l'immigration du passé il est clair qu'une grande partie ne vient pas pour « faire le boulot dont ne veulent plus les français » ni non plus diviser la classe ouvrière, vieux fétiche creux désormais pour les gauchistes charitables et leurs concurrents les perroquets rigides de la « gauche communiste ». C'est d'abord une échappatoire face à de sales guerres locales, et comme toujours, l'aspect économique n'est pas primordial, tout le monde s'en fiche, la classe ouvrière en premier, car la guerre et ses conséquences individuelles c'est chacun pour soi. L'expression d'une solidarité jadis avec les travailleurs immigrés était possible parce que basée dans le cadre de l'entreprise et de la lutte salariale. Pourquoi ne voit-on pas de mouvement de masse « prolétarien » pour soutenir les migrants et réfugiés, excepté assocs caritatives gauchistes et les chansons de Julien Clerc ? Le débat féroce (mais virtuel) qui prend la forme de croisades médiatiques, est une diabolisation permanente entre pros et antis fait fuir les prolétaires, ou ne leur donne pas envie de s'impliquer : « Toute croisade, toute guerre « sainte » ou tout combat « sacré » s'opèrent selon un tel imaginaire, emprunté originellement à la doctrine musulmane du djihad »16.
Parce que la misère des réfugiés se situe au plan d'une société individualisée à outrance et que ces migrants ne se réclament ni du prolétariat ni du même modèle culturel. Coup double pour l'ordre dominant : c'est la preuve que les ouvriers du cru, français ou européens, sont racistes, égoïstes et proies cuites pour « l'extrême droite ». Adieu internationalisme prolétarien, vive l'internationalisme humanitaire bourgeois !

Il ne s'agit pas d'aveuglement des élites comme le croient les Taguieff et Guilluy, mais de mépris à bon escient ; même si des auteurs comme Guilluy en voient bien les conséquences (paralysantes et non prises en compte ni par les militants donneurs de leçons ni par les divers secouristes17) :
« La mondialisation libérale, qui a contribué à diffuser largement l'insécurité sociale à l'ensemble des catégories populaires, est aussi à l'origine d'un instabilité démographique source « d'insécurité culturelle » dans ce même milieu ; une insécurité qui s'exprime derrière les débats controversés de l'intégration ou de l'identité nationale »18.

La fin de l'attribution de l'internationalisme à la classe ouvrière, porteuse classique jusque là de l'horizon messianique communiste (le véritable pas le stalinien) et son remplacement par le culte immigrationniste bourgeois, est un nouvel et très antidote barrage à toute révolution communiste (la vraie sans goulag et sans dictateur moustachu). Alliée au rejet du clivage gauche/droite, cet immigrationnisme à tous crins, qui défie même l'entendement19, rend complètement inintelligible à la réflexion cohérente une pensée de classe « anticapitaliste ». Nous prédicateurs maximalistes d'avenir sommes devenus inaudibles quand nos critères « sacrés » (internationalisme, solidarité de classe, abolition des frontières, etc.) sont récupérés, dévitalisés et caricaturés par l'ordre bourgeois.
Taguieff résume bien l'effet de paralysie :
« Les deux nouvelles France communient dans la peur et ne communiquent que dans l'accusation réciproque. Ceux qui sont accusés de « droitisation » accusent leurs accusateurs de dériver vers l'extrême gauche, c'est à dire, selon eux, vers « l'irresponsabilité » et la « violence ». Aux adeptes de la provocation permanente répondent ceux de l'indignation permanente, qu'elle soit naïve ou feinte, ou encore l'effet d'une vision idéologique. Indignés contre imprécateurs et provocateurs. Face à la « lepénisation des esprits » se dessine quelque chose comme « la hesselisation des esprits ». Les citoyens français sont ainsi sommés de choisir entre l'imprécation provocatrice qui ne mène nulle part et l'indignation vertueuse mais inutile qui laisse les choses en l'état, non sans engendrer de l'amertume. Ils sont pris dans la nasse. Comment pourraient-ils échapper à l'impression d'étouffer ? (…) A la peur du contradicteur, favorisant l'extension de la suspicion réciproque, se mêle du mépris et de la haine. Il s'ensuit que, dans la communication politique saisie par la montée aux extrêmes, l'on atteint le degré zéro de la discussion : les échanges d'insultes méprisantes ou d'injures raciales tendent à se substituer aux débats politiques, ou, pour le moins, orientent ces derniers et « les tiennent en laisse »20.

Les ambiguïtés de la politique migratoire révèlent aussi l'incapacité de la bourgeoisie à gérer humainement la planète

Le candidat Macron n'est pas immigrationniste, comme le montre son interview pré-électorale comme candidat, il est même très précautionneux. A l'approche du pouvoir personne ne peut plus jouer au gauchiste « ouvert à toute la misère du monde »21 ; c'est un policier charitable comme ses prédécesseurs.

Elles plus nombreuses les bonnes âmes chrétiennes gauchistes à promettre le gîte et le couvert à tous les déshérités du monde en guerre – nos bons réformistes radicaux – que les « racistes » du « stop à l'immigration de masse », mais les uns comme les autres ne sont que les bouffons d'un spectacle qui dépend, dans son organisation, sa planification ou sa temporisation, des désidératas impérialistes et industriels des grandes puissances. La vague de réfugiés hagards et déboussolés ne va pas cesser tant que durera ce capitalisme. Le prolétariat n 'a pas vocation à en être le secouriste, ce à quoi voudrait le ravaler l'idéologie dominante antiraciste, c'est à dire qu'il accepte d'être la mouche du coche impérialiste, qu'il panse les blessures de leurs guerres de rapine. Cela ne signifie pas qu'il serait indifférent mais il n'a pas encore les moyens politiques de renverser ce système cynique. Et son alternative ne réside pas dans « l'accueil » ou le « sauvetage » d'êtres humains en détresse, mais dans le projet de réorganisation de la société mondiale. Tâche immense qui n'est pas celle de la Croix rouge ni des assocs antiracistes du gauchisme institutionnel.




Avatar de la mondialisation paternaliste: après le Welfare State, le facteur nounou!
NOTES

1p.405-406 des O.C.
2José Chatroussat : « La haine du prolétariat par les classes dominantes » (cf. Variations 2011)
3Ibid. L'auteur prend pour exemple le Rwanda, n'y en a-t-il pas eu en France et en Allemagne ? Quand on voit ce qu'on sert au bon prolétariat le samedi soir, les émissions d'avilissement public des Ruquier et Hanouna !
4 C'est Stendhal avec « Le rouge et le noir » qui met le mieux en évidence le « mépris de classe ». Il dénonce le conformisme et cléricalisme de l’après Révolution; la société est responsable de l’échec du héros, intelligent mais coupable d’avoir de modestes origines; le roman met en scène le mépris des classes dominantes à l'égard des classes émergentes, leurs tentatives de suffoquer leur esprit critique et d'en empêcher l'ascension sociale dans la crainte d'une nouvelle révolution.
5Le sociologue Pascal Duret : Les larmes de Marianne. Le mépris des élus frontistes n'est pas différents de celui de leurs concurrents lorsqu'ils sont dans la place. Les élus locaux sont de véritables féodaux, PDG de PME, cumulards invétérés, qui s'offrent des « missions d'études » aux Caraïbes ou à Cuba (cf. René Dosière : le métier d'élu local).
6Pierre-André Taguieff (ed CNRS, p.156) : « Du diable en politique, réflexions sur l'antilepenisme primaire », 2014. Livre très dérangeant pour la bien pensance antifa, qui est probablement le meilleur pamphlet de ces dernières années à mettre à nu la mystification. Taguieff est un chercheur plutôt bon démocrate utopiste, et malgré l'excellence des deux tiers de l'ouvrage je lui reproche de cacher la radicalité de son propos. La démystification de la vaste comédie antifasciste post 1945 c'est le milieu maximaliste prolétarien avec la Gauche italienne et Bordiga qui a été capable de la mener à bien. Dans l'histoire des idées on tombe toujours sur la vérité et les courageux véritables fondateurs de la critique de la bourgeoisie moderne ; c'est donc malhonnêteté intellectuelle d'oublier de mentionner leurs apports... parce que monsieur le chercheur craint la théorie marxiste et « la violence révolutionnaire » qu'il met sur le même plan que celle du fascisme d'avant. Mais je reviendrai et me servirai sans gêne des pépites de son raisonnement lesquelles coulent littéralement toute la ridicule mystification antifa des nombreux enfants politiciens primaires de la bourgeoisie.
7Ibid Taguieff, p.160.
8Ibid, p.236.
9Ainsi de l'extrême-gauche à l'ultra-gauche on parle volontiers d'ouvriers « racistes », faisant écho à la doxa dominante selon laquelle les basses classes sont … « demeurées ». Or le racisme attribué n'est pas en général le rejet de l'étranger en soi – l'ouvrier de souche locale se sent lui aussi de plus en plus étranger dans le monde sinistre du multiculturalisme de bazar et ses fétiches « voilés » - mais un sentiment de dégoût complexe où se mêlent peur du lendemain et désespérance politique, éléments constitutifs de la conscience de classe historique. Finkielkraut ressent cela mais comme il a du mal à s'exprimer oralement ou par écrit, c'est un peu bancal et cela prête à confusion, mais il a raison sur le fond : « Beaucoup voient aujourd'hui dans l'idée même de « chez soi » une première manifestation de fascisme et de racisme, alors que c'est une condition de l'existence humaine » (cité par Taguieff p.36). Allez donc traiter telle tribu africaine de défendre son « chez soi » parce qu'elle serait fasciste ! Jacques Semelin montre que cette mise en cause mène non à la guerre civile (que nous prédisent invariablement les Zemmour et Cie, notion fétiche et vague elle aussi cette dite « guerre civile ») mais à l'ethnocide (cf. Purifier et détruire (Poche Points).
10Développement repris à Tom Thomas.
11On est autour de l'an mille, la Paix de dieu se déroule de pair avec le développement de la motte castrale qui va permettre le développement du commerce et formater les trois principales classes qui existeront jusqu'à nos jours. Etant spécialiste (sic, et un passionné) de la motte castrale et de l'histoire des gargouilles, je ne vais pas développer ici mais cet aparté vise à rappeler la dimension du symbolique en politique. On voit que l'Eglise joue déjà la même fonction que nos intellos antifas. Par exemple, si la contestation paysanne a un caractère antiseigneurial, l'Église ne cherche pas à se substituer au pouvoir central, mais plutôt à moraliser la conduite de la noblesse en mettant fin à ses pillages et incessants combats meurtriers. Les serments établissent un compromis juridique et foncier entre laïcs armés et ecclésiastiques : ils institutionnalisent la seigneurie (mode domination de la caste féodale évoluée). La lutte de l'Église contre les violences seigneuriales assoit aussi, par les décisions de ses conciles, le nouvel ordre social organisant la société en trois ordres (déjà trois classes!). Ce mouvement est renforcé dans un deuxième temps par la Trêve de Dieu qui est tout autant soutenue par Cluny. Par cette Paix de Dieu, l'Église ne cherche pas à interdire la guerre et à promouvoir la paix : elle moralise la paix et la guerre en fonction de leurs objectifs et de ses intérêts. Sur le modèle des relations d'homme à homme, des liens se créèrent entre la classe guerrière et la classe des paysans. Dans le système tel que présenté par les élites médiévales, pour l'essentiel cléricales, le chevalier assurait la protection aux paysans, qui en échange lui fournissaient subsistance et moyens de s'équiper. La protection revêtait plusieurs formes :
  • guerrière : combat personnel du chevalier contre des attaques ;
  • défensive : abri procuré par le château pour les personnes, le bétail et les récoltes ;
  • chasse : autant qu'un entraînement à la guerre, la chasse avait une utilité pour la communauté paysanne, qui se voyait ainsi débarrassée des animaux sauvages destructeurs des cultures (cerfs, daims, chevreuils, sangliers) ou menaçants pour le bétail (loups, renards, ours).
12On peut tirer plus loin le propos sur les fétiches idéologiques décatis de la gauche et de ses gauchistes comme les nationalisations présentées depuis toujours à tort comme un pas socialiste. Le dernier avatar de la fable de la « nationalisation socialiste » est la « nationalisation provisoire » et macronesque des chantiers navals pour contrer les ambitions du patronat et de l'Etat italien et par crainte d'un « transfert de technologie » à l'étranger. En vérité cet aspect « provisoire » signifie bien que les nationalisations sont caduques au pays de la mondialisation ubérisée. Il s'agit plutôt d'une manœuvre stratégique provisoire pour obtenir une union angélique nationale de gauche à droite, du NPA au FN, ensuite d'un simple marchandage où l'Etat français veut associer l'Etat italien à une structuration militaire européenne. Les syndicats se fichant eux complètement de cette simili nationalisation, dans l'attente d'un vrai repreneur financier.
13http://mouvements.info/qui-sommes-nous/ Ce site est cependant une marmelade d'intellos de gauche bien pensants comme Bihr, et assoiffés de renommée.
14Par exemple elle faisait venir des villages entiers du Portugal avec le curé et le mac du coin. L'ignominie bourgeoise ne se gênait pas pour le rapt d'enfants. C'est la chaîne parlementaire qui nous exhiba la semaine dernière la honteuse rafle de Michel Debré, exécutant gaulliste parachuté à la Réunion. Résumé du docu : Entre 1963 et 1981, plus de 2000 enfants réunionnais ont été transférés en métropole, dans des départements dépeuplés. Une migration forcée qui a brisé des familles, déracinant des fratries de leur pays natal, leur volant au passage leur identité. Le 18 février 2016, le ministère de l'Outre-Mer a crée une Commission de recherche sur ce scandale d'Etat, longtemps passé sous silence. Un signe d'espoir pour tous ces déracinés, comme Jean-Charles, Marlène, Marie-Jeanne ou Valérie, des enfants arrachés à leur île, adultes aujourd'hui, qui cherchent à comprendre leur histoire et à renouer avec leurs origines. A chialer de rage.

15La prude antiraciste Allemagne qui fait la loi en Europe n'en garde pas moins les plus diplômés pour refouler les sans-grades, les vrais prolétaires. La propagande étatique française sait très bien faire monter le thermomètre pro-FN en exhibant la partie bobo des migrants, ces ados qui prétendent « aller faire des études à Londres pour être ingénieur », où qui rejettent une nourriture de charité infecte pour leur statut social. L'appel à un grand nombre de « travailleurs forcés » est d'ailleurs un point commun et traditionnel entre les gouvernements Hitler et Merkel ; tous les moyens sont bons pour recruter pour la grosse industrie capitaliste !
16Taguieff p.90.
17Les ONG pullulent, ce sont la plupart des organisme para-gouvernentaux, les « militants » de la « cause » y ont leur métier. Ce secourisme transcontinental a bien sûr ses naïfs, mais toute la structure comme le business écologique est un secteur à part entière du marché capitaliste comme l'armement, et souvent aussi publicité pour l'armement « démocratique ». Ces « militants » sont des innocents … les mains pleines. Le fonds de commerce de la Cimade, assoc aussi rétribuée par l'Etat fait grise mine: http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2017/03/30/la-politique-migratoire-s-affiche-dans-70-villes_5102942_1654200.html. De même pleurnichent les assocs anticolonialistes et antiracistes à idéologie de type fasciste revanchard, comme cette folle d'Houria, Meklat et Boumama (https://fr.sott.net/article/23998-France-quartiers-populaires-mepris-de-classe-et-humiliation-de-race) prisé par les gauchos canadiens et Trudeau qui trouve inconvenant de qualifier de barbare l'excision des femmes ; on recrute comme on peut au Canada même avec des concessions aux pires arriérations, normal personne ne veut aller bosser dans cette contrée congelée ! Sans oublier les 7 idiots du Québec : http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-invites/le-discours-colonial-des-civilisations-hierarchisees-2/.
18Cité par Taguieff p. 36.
19Plus de 20.000 personnes seraient à la rue en France et les médias focalisent journellement sur la nécesité de loger des centaines de migrants, quand les bobos de l'extrême gauche méprisent ceux qui « opposent chômeurs français à la rue et migrants » dans la même rue (?). http://www.liberation.fr/france/2017/07/31/cet-ete-la-moitie-des-sans-abri-restes-a-la-rue_1587418
20Taguieff pp. 52-53. Internet démultiplie l'aliénation : « C'est Internet qui a donné à la libéralisation politique et culturelle les outils technologiques de son extension, voire de sa radicalisation, laquelle engendre un « inconfort mental » ou une insécurité cognitive qui pousse les individus soucieux d'y échapper à se contenter d'idées reçues, douteuses ou fausses mais « utiles » en ce qu'elles servent des intérêts ou répondent à une demande sociale, donc commodes et rassurantes. La transparence promise produit de l'incertitude et du désarroi, et plonge les adeptes de la démocratie virtuelle dans une nouvelle forme d'obscurité , due à trop de « lumières » contradictoires ». Ibid p.104.
21https://www.reforme.net/actualite/politique/migrants-politiques-migratoires-et-integration-le-constat-demmanuel-macron/