"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

mercredi 19 avril 2017

LA GRANDE PEUR DE LA BIEN-PENSANCE ELECTORALISTE



« On ne fait pas marcher un peuple par surprise plus vite qu'il ne veut. Malheur à qui tente de lui forcer l a main ! »

Victor Hugo (Les Misérables, cinquième partie, Jean Valjean, livre premier, p79)



Oh ce n'est ni le risque d'un attentat terroriste réussi, ni l'abstention, ni une immixtion des services secrets russes que craint le système de trucage électoral officiel, ni d'une perte d'identité des intérêts de classe dominante. Dans un pays où revendiquer une identité française comme une identité de classe signifie que vous êtes un ridicule ringard, le mot identité est ouvertement conchié par journalistes et philosophes assermentés à l'idéologie négationniste de l'impérialisme américain – qui lui seul a le droit de revendiquer une identité américaine pour ses citoyens mélangés – les dits philosophes de FR3 ont assuré avec leur morgue professorale que le mot identité ne veut plus rien dire, les Boltanski (« c'est policier... montrez moi votre carte d'identité...manger des pâtes ou du couscous on s'en fout »), et les Chamoiseau (« les ex-colonisés ont enfin trouvé une identité quand les 'autres' qui cherchent la leur »(hi hi) ; ils n'ont pas eu de mots assez méprisants pour se moquer des vieilleries « islamophobes » et « fascistes » qui continuent à résister au melting-pot voulu par l'hyper impérialisme du fier guerrier à la moumoute. Il est vrai que la France est la honte de l'Europe car elle est la seule à afficher une laïcité aussi ostentatoire au point qu'on se félicite dans les cabinets diplomatiques qu'un candidat mineur et téméraire comme un Poutou revendique le retour du voile dans les lycées. Il est vrai que l'immigration ne sert plus seulement à faire baisser les salaires mais est un gage de suppression de la classe ouvrière, et que les Etats-Unis ont montré l'exemple en procédant à un empilement des vagues successives d'immigration , chacun « restant chez soi » avec « ses coutumes et croyances » au lieu d'évoluer vers une unité sociale humaine et débarrassée des préjugés religieux et capitalistes1. Le système électoral bourgeois reste cependant, bien plus que la communautarisation de la société, le principal moyen de dévoiement du prolétariat, même s'il en est absent formellement comme tel.



Le Figaro identitaire et zemmouriste s'est fendu d'un reportage à la nécropole de Saint Denis, déplorant le peu de visite des tombeaux des rois de France ; il y a pourtant une explication simple, quoique superficielle, l'église est entourée de HLM avec paraboles orientées vers le Sud et la ville ressemble de plus en plus à Alger que j'ai visité il y a trente ans : la rue principale est bordée par les mêmes boutiques de bazars pour ghetto arabe, quoique tenues par des chinois. Je m'y suis promené récemment et je dois dire pourtant y avoir trouvé une atmosphère conviviale et heureuse à la terrasse des cafés et des voilées souriantes ; un ticket de métro coûte quand même moins cher qu'une traversée en bateau vers Alger la blanche. Les tombeaux des rois de France, ces salopards de colonisateurs, avec à leurs pieds de ridicules bouillottes animales ne contiennent plus aucune identité, pardon dépouille, car nos conventionnels jacobins éradicateurs de vanités féodales ont jugé utile de jeter les vieux os à la décharge et de récupérer le plomb des catafalques pour en faire des balles pour défendre la nation cet entité non féodale, quoique brièvement identité capitaliste.



Foin de toute paranoïa identitaire ou d'affres exagérées pour la baisse tendancielle de ses profits, le système de foutage de gueule dominant craint que « le fascisme » ne soit pas au deuxième tour ! Oui vous avez bien lu, la bourgeoisie française – cet amalgame diffus de menteurs professionnels quotidiennistes et de phraseurs politiques odieuvisuels – serait catastrophée si Marine ne figurait pas au second tour. Toi lecteur intelligent tu as compris. Pour les autres, je dirai ceci : vous imaginez un concours Fillon-Macron ? L'abstention passerait de 30 à 50% ! A part les vieux machins planqués des quartiers riches et les artisans et péquenots réacs qui irait voter pour Fillon-voleur (mais pas plus que tous les parlementaires) et Macron-menteur (mais comme tous les jeunes financiers) ? Le suspense électoral serait réduit à zéro. Pas bon pour la démocratie des riches !



Comment faire participer les pauvres à un combat de riches si celle qui est sensée représenter les pauvres (certes plus malheureux que cons) est éliminée du cirque à nigauds ?

Dramatique mon cher Watson surtout dans la dernière ligne droite.



Tout a été millimétré pour successivement faire monter et descendre la mère Le Pen dans les variations saisonnières de la sondagerie, en veillant comme le lait sur le feu à ce que la méchante blondasse reste en tête du panel. Dans tous les cas de figure on rassurait les joueurs à la loterie nationale, en aucun cas elle n'aurait le ticket gagnant pour le second round en mai. Jusque là on avait alterné le chaud et le froid, un coup on l'invitait royalement sur un plateau en la traitant respectueusement comme « tout autre candidat » mais le lendemain les quotidiennistes de gouvernement se déchaînaient contre la perspective du « chaos » représenté par le programme de la dame au toc de la mèche de cheveu. Raccourcie un temps car sujette à la même radinerie (parlementaire) que Pénélope, la tête bleu marine semblait se maintenir à flot en haut du panier électoral présumé, mais voilà qu'elle menaçait d'un retour de la déportation des enfants juifs... alors là nos médias y avaient été un peu fort, ils se firent taper sur les doigts – Marine risquant de passer derrière le chaviste Mélenchon, ce qui effraya plus encore les banquiers, voire de rétrograder à la place peu enviable du Fillon-voleur, la place de quatrième, la place du mort aux jeux olympiques internationalistes.

Les choses sont claires pour la gauche bourgeoise, elle sait qu'elle ne peut pas escompter revenir au pouvoir après une aussi violente attaque contre la classe ouvrière avec l'inventeur du 49.3 l'ubériste Macron. La clintonisation de la campagne de Macron, avec strass et paillettes et palettes de vedettes l'aura autant desservi que cette pauvre Hillary, il a fini par vraiment représenter l'élite la plus arrogante qui donnerait envie de faire gagner la mère Le Pen. Une fraction de la bourgeoisie pro-américaine, avec le soutien du Hollande en partance, aurait bien voulu le faire gagner en le faisant passer pour un rénovateur de la vie politique bipolaire, j'allais dire pipolaire, mais le cheval est un peu trop morveux et creux comme une valise de bobo cadre. Les pitreries du bateleur national-populiste Mélenchon avec ses hologrammes et ses forêts de drapeaux tricolores ont été facilement réduites à néant par un mot de Hollande, « simpliste » ; il eût pu être plus méchant, Mélenchon est simplet dans ses arguties, il ne pourrait même pas être un Tsipras comme l'imaginait Arthaud le perroquet d'Arlette. Hamon avec son programme de garantie néo-stalinienne – et comme héritier bâtard mais héritier putatif (et putain) tout de même du parti bourgeois en charge de l'austérité durant cinq ans – se sera retrouvé très vite, bafouant les prétentions arrivistes pressées des aigris « frondeurs », au juste niveau des divers petits Poucets sans aucun intérêt que d'ajouter leur stand de petits épiciers sans avenir à la foire à l'encan.

L'alternance au pouvoir est aussi nécessaire au pouvoir « démocratique » bourgeois que l'eau au pastaga. Surtout que l'électeur est un genre sans mémoire. La crise économique qui se concrétise de plus en plus sur le terrain de la guerre impérialiste n'a pas besoin dans l'Etat d'une alternance mi-chèvre mi-chou, un centre à la Giscard possible dans les années fastes (ou alors ce sera une crise ouverte et un affaiblissement de la bourgeoisie française). Trump et le Brexit ont manifesté le besoin d'un repli national, qui n'est pas une régression des intérêts bourgeois, mais une meilleure préparation à la guerre, et forme renouvelée de la vieille union nationale des deux boucheries impérialistes.

L'Etat bourgeois pour assurer une continuation sans fard des attaques anti-ouvrières n'a pas besoin de Charlots qui promettent l'impossible (l'emploi complet et l'interdiction des inégalités en milieu scolaire) ; encore moins d'un vague galaxie « en marche », qui n'aura été qu'un sas de sécurité pour animer le cirque à destination des angoissés des couches moyennes, et tout juste apte à recréer le bordel d'une IV e République. La pro-américaine bande à Macron, assez clintonienne, n'est pas même une carte sûre pour l'emporter dans un hypothétique deuxième tour face à Le Pen...



Le barnum électoral aura évité de parler des sujets qui fâchent vraiment : les causes de la guerre, le pourquoi des migrations massives, la nécessité du chômage de masse pour la survie du capitalisme, la nécessité de faire éclater toutes les garanties sociales. Auront dominé les petites phrases de représentants de commerce et de publicitaires superficiels, le coup monté contre Fillon, le feu follet Macron, et les gesticulations impuissantes des petits Poucet.
En résumé on aura vu les programmes des utopistes (Hamon, Mélenchon, Le Pen) réduits à néant par celui des salauds (Macron, Fillon) ; mais tout deviendrait plus compliqué si le deuxième tour opposait Fillon à Macron. Une partie de la bourgeoisie française néo-gaulliste, à tonalité religieuse et pro-russe se confrontant avec la fraction élitaire et pipole ouvertement pro-américaine, il y a de fortes chances que Fillon-voleur l'emporte, ce qui n'aurait rien d'inattendu et confirmerait bien cette « volonté d'indépendance » qui est obtenue de la masse électorale dans la compétition bourgeoise des pays européens d'une Europe en perdition. Un challenge Fillon-Le Pen permettrait de réduire l'abstention et de rejouer à minima le tortueux 2002 mais tout de même risqué... du fait de l'abstention plus importante que lors de l'élection de « bandit Chirac » ; de Charybde en Scylla la bourgeoisie pourrait vivre les affres d'une possible victoire Le Pen qui ne vaudrait pas mieux que son absence au deuxième tour de cirque. On verra bien, mais il n'y a guère de chance de voir la blondasse à l'Elysée car son parti est isolé, ne contrôle pas les médias etn le fonctionnement népotiste de ce machin fait aussi peur à ses électeurs...protestataires d'un système qu'ils croient réformable.
Ajoutons pour finir, que l'enjeu religieux a été généralement négligé par les quotidiennistes du bistrot-info télévisuel depuis des années. Sarkozy avait gagné en invoquant ceux qui « égorgent le cochon dans la baignoire », Hollande avait gagné grâce à un électorat musulman flatté. Fillon en tablant sur le vote catho sait ce qu'il fait vu la déshérence de l'électorat musulman... Malheureusement pour tous les marchands de religion, la réalité des classes reprend le dessus. Il faut alors aux curés et imams battre le rappel. N'est-il pas singulier qu'au « salon » des nouveaux « Musulmans de France » l'abstention ait été érigée comme « pire des choix » ?2 En effet car c'est le « vote musulman » qui saute aussi, car il n'y avait pas plus de vote musulman que de vote français ou juif en 2012, mais un vote de pans entiers de prolétaires en effet d'origine arabe et qui crurent à un meilleur niveau de vie, voire à moins de répression avec la gauche au pouvoir. La vérité c'est que les prolétaires de toute origine ont été victimes des attaques du gouvernement (de gauche) des patrons (français ou étrangers). Vu qu'une grande partie de la classe ouvrière est d'origine immigrée ou arabe en France et qu'elle va s'abstenir comme une majorité d'ouvriers en général, un Fillon peut courtiser en effet les vieux machins cathos avérés ou pas et la clientèle du FN apte au « vote utile » si elle se rend compte que la mère Le Pen restera toujours une potiche figurative vouée au rôle du méchant repoussoir comme le pater.
Sans l'afficher, au sein de la gouvernance bourgeoise, qui n'est pas pour l'essentiel au gouvernement mais dans le cartel des banques, des think tanks et des diverses franc-maçonneries, il peut y avoir un « changement d'opinion » ou d'orientation si un cheval n'est plus porteur. Après avoir tenté de tuer Fillon, sans y avoir réussi, une fraction (via les instruments des flics, Canard et Médiapart) n'a pas réussi à trouver une affaire vraiment louche au mari de Pénélope ; sauf cette minable supposition qu'il aurait rendu de faux costume. Et finalement tous ceux qui lui crient de « rendre l'argent » rendent service à une classe voleuse et dispendieuse, ses supporters peuvent invoquer sans honte l'idéologie américaine (il n'y a pas de honte à s'enrichir), ainsi a-t-il pu répondre benoîtement à la Croix, sans soulever l'ire des médias : « je ne suis pas François d'Assise » !
Probablement le dernier scoop avant l'échéance finale, l'attentat déjoué vient rendre service à Fillon. Etrange mon cher Watson encore une fois ! Avec un montage juridico-policier de l'info qui confine à la bêtise infinie ou à nous prendre vraiment tous pour des caves3. Trois candidats « auraient été » la cible possible des futurs assassins (avec carte d'identité posée sur le siège arrière) : Fillon, Macron et Le Pen. Angoissé et solidaire avec ses collègues, le camarade Mélenchon a immédiatement fait savoir sa compassion aux trois cités. Mais l'affaire semble plus juteuse pour Fillon – même si en réalité une fraction étrangère (que vous devinez) souhaite l'éliminer aux deux sens du terme – car on lit ceci : « Le candidat LR a été mis en scène dans une vidéo inquiétante par les terroristes présumés de l'attentat déjoué de Marseille. Des documents ont été retrouvés lors des perquisitions réalisées aux domiciles des suspects ».


Enfin dénoncer le cirque électoral immédiat si cela signifie n'y participer en aucun cas du point de vue du prolétariat, si cela signifie réaffirmer que ce système de trucage interclasses sert à duper sur une fausse consultation « des masses »4, si cela signifie rappeler que ce type d'élections ne change jamais rien à l'ordonnancement du monde capitaliste ni ne renouvelle son personnel, tout cela ne doit pas nous empêcher de nous exprimer sur leur déroulement et sur ce qu'elles révèlent des objectifs à terme des équipes (énarchiques) qui se relaient au pouvoir, même si dans ce cadre il n'y a aucun enjeu favorable à notre propre classe. Cela ne signifie pas non plus que nous promettons la « vengeance » syndicale dans la rue, comme à chaque fois nous le promettent ces pauvres trotskiens potiches de la contestation radicale réformiste, et qui veulent faire avaler, sous leur impuissance, qu'il n'y aurait plus que la grève pour protester contre le capitalisme et pas les autres expressions « politiques » du prolétariat, hors cirque électoral bourgeois bien sûr.


NOTES:


1Le CCI est un des rares groupes à commencer à réfléchir sur la question, il nous livre récemment cette réflexion au cours d'un article sur Trump (où ils semblent avoir compris ce que j'expliquais sur la division de la bourgeoisie américaine entre deux fractions pétrolières) ; bien avant que le CCI ne théorise un irrationalisme stupide (que le PCI a raison de lui reprocher) la bourgeoisie US empilait les vagues d'immigration, et, contrairement à ce que dit l'article , le cas des noirs américains est venu s'empiler lui aussi au service de la farce des « droits démocratiques ». On regrettera que l'article ne développe pas cet aspect de l'immigration très différent désormais de ce qu'elle fût au 19 e et 20 e, ni ne confronte les bonimenteurs qui disant qu'il n'y a pas plus d'immigration qu'en 1920, passe sous silence l'imposition d'un mode de vie antique et la causalité de la guerre. « « Les États-Unis sont un pays fondé par des colons et peuplé par des vagues d'immigration. L'intégration des différents groupes et intérêts ethniques et religieux dans une seule nation est la tâche en constante évolution historique du système constitutionnel et politique existant. Un défi particulier pour ce système est l'implication des leaders des différentes communautés immigrées dans le gouvernement, puisque chaque nouvel vague d'immigration commence en bas de l'échelle sociale et doit "gravir les échelons". Le prétendu melting-pot américain est en réalité un système hautement compliqué de coexistence (pas toujours) pacifique entre différents groupes : « Historiquement, à côté des institutions telles que les organisations religieuses, la formation d'organisations criminelles a été un moyen éprouvé pour les groupes exclus d'avoir accès au pouvoir. La bourgeoisie américaine a une longue expérience dans l'intégration du meilleur de la pègre dans les échelons supérieurs. C'est une saga familiale souvent répétée : le père gangster, le fils avocat ou politicien, le petit-fils ou la petite-fille philanthrope et mécène. L'avantage de ce système était que la violence sur laquelle elle reposait n'était pas ouvertement politique. Cela la rendait compatible avec le système étatique bipartite existant. Vers quel bord allaient les votes italiens, irlandais ou juifs dépendait de cet assortiment donné et de ce que Trump appellerait les "services" que les républicains et les démocrates offraient aux différents intérêts communautaires et particuliers. En Amérique, on doit constamment s'occuper de ces assortiments entre communautés, et pas seulement de ceux entre les différentes industries ou branches de l'économie par exemple. Mais ce processus d'intégration politique essentiellement non-partisan, compatible avec la stabilité des appareils partisans, commença à faiblir pour la première fois face aux revendications des Noirs américains. Ces derniers étaient originellement venus en Amérique non en tant que colons mais en tant qu'esclaves. Ils ont dû pleinement subir depuis le début le racisme capitaliste moderne. Pour qu'une élite noire puisse avoir accès à l'égalité bourgeoise devant la loi ainsi qu'au pouvoir et aux privilèges, des mouvements ouvertement politiques devaient être créés. Sans Martin Luther King, le Mouvement des droits civiques mais aussi une violence d'un nouveau genre - les émeutes dans les ghettos noirs durant les années 1960 et les Black Panthers - la présidence Obama n'aurait pas pu exister. L'élite dominante établie a réussi à relever ce défi en associant le Mouvement des droits civiques au Parti démocrate. Mais de cette manière, la distinction existante entre les différents groupes ethniques et les partis politiques était remise en question. Le vote noir allait régulièrement au Parti démocrate. Au début, les républicains furent capables de développer un contrepoids à ceci en obtenant une part plus ou moins stable du vote latino (d'abord et avant tout de la communauté des exilés cubains). Quant au vote "blanc", il continuait à aller d'un bord à l'autre en fonction des propositions faites ». http://fr.internationalism.org/revue-internationale/201703/9537/lelection-trump-et-delitement-lordre-capitaliste-mondial



2Avec toujours cette scandaleuse prétention communautariste et religieuse à parler au nom de tous les travailleurs arabes qu'ils soient croyants ou pas.

3 Les terroristes en préparation ou après acte laisseraient toujours leur carte d'identité. On tient vraiment à les faire passer pour des crétins, à défaut de comprendre leur manipulation par la CIA-daech. Ainsi, sans rire, le célèbre nécrologue Molins « explique » comment il a été fastoche d'appréhender les deux zigotos marseillais : « Mahiedine M. avait également envoyé une lettre à la police accompagnée de ses documents d'identité. Il y était écrit: «Je vous donne ma carte d'identité parce qu'à cause de vous, je n'en ai plus l'utilité. Vous saurez bientôt pourquoi», a encore précisé François Molins ». Tu parles Charles, on ne sait jamais ni pourquoi ni comment !

4On doit toujours se méfier des pronostics mais la prévision fait partie intégrante de toute réflexion politique intelligente. Au niveau du pronostic je ne nie pas m'être trompé avec le CCI en 1981, et on a subi les pires foudres de tous ceux qui n'avaient rien compris au fond de l'analyse. En 1979, « le vieux », Marc Chirik - qui s'était planté sur le pronostic avec nous - répondait aux analyses schématiques des camarades espagnols que la réalité n'est jamais un scénario écrit d'avance et qu'il faut se méfier de tomber dans l'immédiatisme :  « ...Bien plus important et plus juste aurait été d'expliquer pourquoi la bourgeoisie a eu amplement recours, durant ces dernières années, aux élections, moyen de dévoiement particulièrement efficace contre la classe ouvrière et tout particulièrement utilisé avec succès, dans ce but, par les partis de gauche. Les élections ne sont pas une alternative aux crises politiques de la bourgeoisie, elles sont plutôt son expression. Certes les élections servent de champ d'affrontement entre différentes fractions de la bourgeoisie mais elles servent avant tout, dans la période actuelle, de moyen de mystification et de démobilisation de la classe ouvrière. C'est la raison pour laquelle la bourgeoisie ne cherche pas à les éviter mais au contraire à les utiliser au maximum, à garder cette arme en réserve, tout au plus pour de meilleures circonstances. Même des régimes comme ceux d'Hitler et de Staline en ont fait largement usage (…) Certes, les ambitions personnelles et les intrigues de cliques ne manquent pas dans les partis socialistes, où comme dans tous les partis bourgeois règnent en maîtres les mœurs « Ote-toi de là que je m'y mette ». C'est là une constance mais cela n'explique en rien pourquoi ces mœurs ont pris aujourd'hui une ampleur particulière, pourquoi elles prennent aujourd'hui et pas deux ans avant la forme d'une « radicalisation » verbale et pourquoi c'est précisément les fractions « radicales » qui l'emportent ». (La gauche dans l'opposition ou la droite au pouvoir, octobre 1979).

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